Excerpt for Une inconnue plane sur le crime by Gérard Porcher, available in its entirety at Smashwords


Gérard Porcher













Une inconnue plane sur le crime























éditions Dédicaces




Une inconnue plane sur le crime


© Copyright - tous droits réservés à Gérard Porcher

Toute reproduction, distribution et vente interdites

sans autorisation de l’auteur et de l’éditeur.



Couverture : Ilya Glovatskiy

Tyumen, Fédération de Russie

http://ilya.glovatsky.ru



Du même auteur :


La cuisine de ma femme (2009)

Les poèmes d’une jeune fille disparue (2009)

Que se passe-t-il à LISSES ? (2009)

Les outils pour mettre en place les règles d’hygiène (2008)

Un cuistot se décante (2009)





Dépôt légal :

Bibliothèque et Archives Canada

Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Un exemplaire de cet ouvrage a été remis

à la Bibliothèque d'Alexandrie, en Egypte







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Gérard Porcher













Une inconnue plane sur le crime














Un remerciement à tous ceux

qui m’ont aidé

à écrire ce livre.



Merci à Audrey et Gisèle

pour corriger mes fautes

d’orthographe.



1







C’était un beau matin d’Octobre, l’automne était là, il faisait encore bon, c’était l’été indien. Une douceur couleur de miel, avec les feuilles des peupliers couleur jaunâtre qui tombaient sur le sol. Le ciel commençait à s’éclaircir et il était 6 heures du matin. Les oiseaux commençaient à chanter et le quartier était calme. C’était une zone résidentielle d’Evry, pas loin de la Seine, dans un secteur tranquille, loin des grands immeubles et du centre commercial de l’Agora.

Dans ce quartier pavillonnaire, où tout paraissait endormi, pas un chat aux environs, pas un badaud qui se promène, c’est à peine si on entendait une once de vent remuer les feuilles dans les hauts platanes, cela présageait une journée chaude et ensoleillée. Mais tout à coup, venant de loin, ce calme matinal était interrompu par des bruits de la civilisation moderne, des voitures arrivant à vive allure, comme s’ils étaient en urgence.

Les deux véhicules de la police banalisés s’arrêtèrent brutale-ment auprès d’un pavillon. Les policiers sortirent précipitamment des voitures, frappèrent à la porte, n’attendant même pas que les occupants ouvrent leur domicile et avec un bélier, défoncèrent la porte de la maison avec force. Et dans le quartier, le bruit du fracas contre la porte, fait par les policiers se répercuta avec force. Ce fut comme une détonation, un coup de tonnerre et cela réveilla quelques voisins, qui le nez à la fenêtre regardaient prudemment la scène.

Le couple était encore endormi, quand la porte s’ouvrit avec fracas. Georges s’habilla rapidement et descendit prestement les escaliers, il se retrouva nez à nez avec les policiers.


- Que se passe-t-il, demanda Georges, pourquoi cette intrusion? Vous avez vu l’heure qu’il est? vous êtes fou.

Georges pas rasé, avait rapidement enfilé un short, les yeux gonflés par le sommeil, il était là attendant la réponse de cet homme. A cet instant, Céline, attirée par le bruit et la voix du commissaire, descendit l’escalier et resta debout sur la dernière marche, elle avait eu le temps de se vêtir d’un jogging. Elle n’en croyait pas ses yeux en écoutant le policier en civil, petit, rondouillard qui tout en gesticulant d’une façon ridicule, disait :

- Nous avons l’autorisation du Procureur de la République pour pénétrer chez vous à l’aube, dit le commissaire, d’une façon pérem-ptoire.

- Qu’avons-nous fait ? demanda Georges, est-ce que cela mérite, que notre porte soit fracturée.

- Vous ! Monsieur LEPAGET, rien, dit le commissaire, c’est votre femme que nous venons arrêter. Et pour votre porte, j’avais l’autorisation, vous ferez une demande de remboursement à l’Etat.

- Et pourquoi vous l’arrêtez ? demanda le mari.

- Pour homicide, dit le commissaire, votre femme aurait tué un homme.


Céline, déjà apeurée par le vacarme de la porte fracassée, à cet instant crut tomber à la renverse, quand elle entendit le commissaire parler ainsi. Elle le toisa furieusement, elle avait le visage des mauvais jours, ses yeux auraient été des pistolets, le commissaire en serait mort. Elle regarda son mari d’un air suppliant, lui faisant signe qu’elle ne comprenait pas.

- Mais vous êtes fou dit le mari, vous faites une erreur, ma femme ne ferait pas de mal à une mouche. Qu’est que c’est cette histoire ?


Le commissaire rondouillard, mal réveillé se tourna vers Céline, et évitant de croiser son regard, lui demanda gentiment de les suivre au commissariat de police. Le commissaire, pas à l’aise du tout de ce regard glacial, l’ayant pétrifié, monta à l’avant de la première voiture et Céline, prenant un manteau, mit une paire de chaussures et entra dans la deuxième voiture avec les deux autres policiers. A travers la vitre du véhicule elle jeta un dernier regard suppliant à son mari, puis les véhicules démarrèrent sur les chapeaux de roues. L’affaire avait duré dix minutes et Georges, resté seul, pétrifié par l’ampleur des accu-sations, n’avait aucune réaction.

Il était là, hagard, regardant sa porte cassée et se posant des questions, sa femme assassin, non cela n’est pas possible, il y a erreur sur la personne. Je vais me réveiller en pensant avoir fait un rêve se dit-il. Il se pinça, mais non, c’est bien réel, la porte est bien cassée lui rappelant que la réalité était bien là. Que sa femme avait bien été arrêtée par la police. C’est impensable se dit-il.

2







Georges était un grand gaillard, il mesurait environ 1,74 m pour 78 kg, était mince, avec peu de cheveux bruns. Habillé d’un pull léger et d’un pantalon gris, pour la quarantaine, il paraissait jeune. Sportif, il pratiquait le cyclisme et le footing, c’est pour cela qu’il paraissait très jeune, le sport cela entretient.

Cela faisait 5 ans qu’ils étaient mariés, une vie remplie d’amour. Un amour fou comme il n’en existe plus, à part au cinéma. Le coup de foudre quoi ! Il repensa à ces bons moments de sa vie, quand il a connu Céline. Ils avaient tous les deux la trentaine à cette époque, il se rappela du jour ou leurs regards s’étaient croisés, cela avait été un moment intense.

A ce premier regard, Georges avait compris qu’il avait trouvé celle qu’il cherchait. Et de ce regard est né leur Amour. Après des moments intenses de passions amoureuses, des moments forts de la vie que l’on ne peut pas expliquer. Quelque chose d’inexplicable qu’il n’avait pas connu avec d’autres femmes et, après deux années de vie commune, ils décidèrent de se marier. Cela fut grandiose, une magnifique fête, avec des amis latins, des Mariachis pour animer et faire danser les invités jusqu’au petit matin.

Et voilà que tout d’un coup, tout s’écroulait. Georges était tou-jours là, dans l’entrée, hagard, hébété devant sa porte cassée. « Non se dit-il, ce n’est pas possible, il y erreur. » Georges avait une grande confiance en sa femme. Céline, malgré son fort caractère, ne pouvait pas être un assassin. « Je ne la vois pas prendre une arme et l’asséner sur un individu, déjà qu’elle a du mal à couper un poulet, non demain je suis sûr qu’elle sera libre. »

Il sortit, les voisins avaient refermé leurs volets, le calme était revenu dans le quartier. Georges regarda sa porte cassée. « Ce n’est pas grave, le pêne à changer et c’est bon, se dit-il. »


Sa femme était une belle jeune femme, jolie avec des yeux noirs en amande, les cheveux couleur noir corbeau tombant sur ses reins. Le teint bronzé, avec une allure altière, avec ses origines latines, de son pays l’Argentine. Elle aimait les beaux vêtements, les parfums. Elle avait une allure qui la faisait ressembler à SOFIA LOREN. Elle adorait les enfants, les animaux. Tout le quartier, de par sa gentil-lesse, lui parlait, l’admirait. Même les enfants venaient l’embrasser.


D’un seul coup il pensa enfant. « Mince dit-il, j’ai oublié Sébastien ». D’un pas leste il se dirigea vers la chambre de l’enfant, au premier étage. Georges entrouvrit tout doucement la porte et regarda furtive-ment vers le lit, c’était un beau petit garçon de trois ans, les cheveux noirs bouclés, suçant son pouce, mais son fils dormait toujours, les bruits ne l’avaient pas réveillé. « Tant mieux se dit-il, comme çà j’ai le temps de réfléchir à la situation et de régler quelques problèmes ».

Il se rendit à la cuisine, se fit un café et commença à penser à cette situation abracadabrante. Il fallait qu’il se rende au commis-sariat de police et essayer de voir à tout prix sa femme, appeler un avocat et principalement placer son fils. « Bon, il est 8 heures se dit-il, le temps passe vite ». Il appela sa mère et lui demanda si elle pouvait garder Sébastien, puis appela son avocat qu’il connaissait bien, et lui demanda si déjà il pouvait se rendre au commissariat de police, en attendant qu’il arrive.

Et en attendant l’arrivée de sa mère, il arrangea provisoirement sa porte, et aperçut ses parents qui arrivaient, après quelques expli-cations de routine, il partit séance tenante au commissariat. En roulant dans Evry, avec sa SEAT, il se disait que la traversée de la ville, quand on est pressé, est pénible avec tous ces feux, qui, comme par hasard, se mettent au rouge dès que vous arrivez auprès d’eux. En roulant, il pensa à l’affaire. Que se passait-il ? Est-ce que le passé de Céline revenait à la surface, mais quel passé ? « Elle m’a pourtant dit qu’elle n’avait jamais eu de problèmes dans sa vie passée ! » Toutes ces questions lui tournaient dans la tête. « C’est encore une de ces erreurs judiciaires dont on entend beaucoup parler dans les médias se dit-il ! »

Enfin il arriva au commissariat, beaucoup de gens auprès du guichet de l’accueil attendant qu’on les appelle, le hall était rempli de monde, ça bougeait de tous les côtés, face à l’accueil, assis sur un fauteuil crasseux, il trouva son avocat qui l’attendait.


- Bonjour Monsieur LEPAGET, comment allez-vous ? Bon, ce n’est pas la forme, à ce que je vois, mais c’est normal avec ce qui vous arrive ! j’ai déjà vu le commissaire concernant votre femme, dit l’avocat.

- Alors, maitre, c’est bien une erreur, demanda Georges, ma femme va être libérée ?

- Non c’est plus grave que cela, dit l’avocat.

- Mais cela n’est pas possible, dit Georges, Céline n’a jamais fait de mal à personne.

- Il y a des preuves accablantes, mon ami répondit l’avocat, mais je vais faire mon possible pour la défendre et la faire sortir de là.

- La défendre ? dit Georges, hébété. Cela veut dire des mois de procédure, un procès.

- Oui, elle est accusée de meurtre au premier degré sur un homme qui s’appelle…L’avocat regarda ses papiers et dit :

- Il s’appelle Justin ALLEGRE, ce nom vous dit quelque chose? demanda l’avocat.

- Non, cela ne me dit rien, répondit Georges, je n’ai jamais entendu ce nom.

- Pourtant il habite Evry, pas loin de chez vous répondit l’avocat, et d’après le commissaire, votre femme a été vue dans son quartier, et surtout le jour du crime.

- Cela n’est pas possible, dit Georges, je connais ma femme, à part aller à l’Agora, et encore c’est moi qui l’emmène, car elle n’a pas son permis de conduire, je ne vois pas comment elle peut voyager ainsi dans la ville.

- Peut-être qu’elle y va en transport en commun, dit l’avocat. De votre domicile au parc aux Lièvres, il y a environ deux kilo-mètre, en bus, il y en a pour dix minutes.

- Non cela n’est pas possible, dit Georges, elle n’aime pas les bus et les trains. Pour moi, non ce n’est pas elle, maitre.

Georges était là incapable de réagir, sa vie, sa belle vie basculait, c’était le chaos. Sa vie ordinaire, une vie comme monsieur tout le monde, plongée dans une catastrophe, sa femme accusée de crime, il n’en revenait pas. Il était dans un autre monde, un monde irréel, imaginaire. Probablement une année en prison, le temps que la justice se prononce.

L’avocat lui parlait, mais Georges était ailleurs, il était dans un autre monde, il ne l’entendait pas. Les moments de bonheur lui revenaient en mémoire. « Non se dit-il, c’est un cauchemar, un mauvais rêve, je vais me réveiller et tout ira bien. »


3







Tout d’un coup, Georges sortit de sa torpeur, en entendant son avocat lui parler.

- Monsieur Georges LEPAGET, répéta l’avocat, allons-y, le commissaire va nous recevoir.

- Bien ! répondit Georges, d’un air dégouté, allons-y !

Ils poussèrent une porte, montèrent les escaliers, un grand couloir sombre avec plusieurs portes et l’avocat se dirigea vers l’une de ces portes, où était écrit « Commissaire Jules RINGARD ». Il frappa à la porte et une voix grassouillette répondit ‘entrez’. En entrant dans le bureau, ils découvrirent un homme d’environ cinquante ans, rondouil-lard, la boule pratiquement à zéro, une paire de lunettes, à la monture fine et ronde, mal posée sur le nez, au milieu d’un visage rond rou-geâtre, son costume de couleur gris administratif était froissé, avec quelques tâches. « Ce commissaire fait souillon, il me fait penser au commissaire SAN ANTONIO, le livre policier écrit par Frédéric DARD, se dit-il. »

Le bureau paraissait vieillot, un vrai désordre, des papiers et des dossiers par-ci, par-là et une machine à écrire des années cinquante trônait sur un coin de la table, des tasses de café sales trainaient sur un meuble, auprès d’une cafetière allumée, dont le bol jauni par des années de café empêchait de voir à travers. Il se répandait dans ce bureau une odeur de vieux café surchauffé. Georges se demandait s’il n’était pas dans un film noir et blanc de HICHCOCK.


- Asseyez-vous, dit le commissaire, en dégageant deux chaises embarrassées de vieux journaux jaunis par le temps.

- Bien dit-il, votre femme est en garde à vue, pour crime sur un individu nommé Justin ALLEGRE, d’origine espagnole, il a été tué de trois coups de couteau en plein cœur, à son domicile, au parc aux lièvres. Sur le couteau on a retrouvé les empreintes de votre femme.

- Connaissez-vous cet homme ? demanda le commissaire.

- Non, dit Georges, mais cela ne peut pas être ma femme, commissaire, elle ne ferait pas de mal à une mouche.

- Foutaises que tout cela, dit le commissaire, de sa voix grasse, toutes les preuves sont contre elle, Monsieur LEPAGET. Trois indices me confortent dans la mise en accusation de votre femme. Vous savez, insista lourdement le commissaire, un agneau peux ce transformer en loup, suivant les circonstances de la vie. Et vous savez, Monsieur LEPAGET, que dans ma chienne de vie, j’en ai vu des gens qui se disaient innocent et qui en fait de compte étaient des assassins.

Après sa diatribe virulente envers sa femme, le commissaire tout fier de lui, se tourna vers Georges, ravi de l’avoir démoli et lui faisant des ronds de jambe, il lui fit comprendre qu’il n’y avait plus rien à dire. Elle était coupable et il n’y avait plus rien à dire. A cet instant, Georges pensa que le commissaire portait bien son nom. Sa physio-nomie, son bureau, sa façon de parler et, bien sûr, ce nom, bien prédestiné lui allait comme un gant. Cet homme était convaincu du crime de sa femme, c’était évident. Avec lui, la présomption d’inno-cence n’existait pas, ce mot innocence peut-être qu’il n’existe pas dans son vocabulaire. « Ce commissaire doit sortir de l’époque préhistorique, se dit-il. »


- Et le commissaire insista. Regardez, Monsieur LEPAGET, toutes les preuves sont évidentes, le couteau avec ses empreintes, le voisinage ayant vu souvent votre femme auprès du domicile du mort, les origines latines de votre femme, ainsi que celles du mort, tout est contre elle, il n’y a rien à dire.

- Ce ne sont peut-être que des coïncidences, approfondissez votre enquête, commissaire, dit Georges !

- Euh non, Monsieur LEPAGET, les preuves sont formelles, irréfutables, bredouilla le commissaire.

Georges avait désarçonné le commissaire en disant cela, mais le policier reprit vite le dessus, il semblait content de lui, buvait du petit lait, il aimait tourmenter les gens, c’était un machiavélique, un teigneux, la nature ne l’ayant pas favorisé, il se vengeait en devenant répugnant avec son entourage. Georges ne pouvait pas le sentir, il se retint de ne pas être grossier envers ce répugnant personnage, même l’avocat avait remarqué son attitude envers le policier, et lui faisait signe de se calmer.


- Puis-je voir quand même ma femme, demanda Georges, tout en retenant sa voix. Il avait du mal à se contenir, la colère commençait à lui monter à la gorge, mais ne voulant pas envenimer le débat, de peur que cela retombe sur sa femme, il mit un frein à sa montée d’adrénaline.

- Non ! dit le commissaire d’une façon péremptoire, en garde à vue il n’y a pas de visite, sauf son avocat.

- Mais commissaire, ce n’est pas juste, dit Georges, vous avez une femme vous ? demanda Georges. Que diriez-vous si on vous interdisait de la voir ? Vous ne vous rendez-pas compte, c’est la première fois en huit ans que nous sommes séparés. Laissez- nous un peu ensemble.

En disant cela, Georges s’était emporté, la colère lui montait à la tête, ce commissaire n’a pas de cœur, c’est un être insensible. Le commissaire lui répondit qu’il n’avait pas de femme, qu’il s’en foutait complètement et qu’il se trouvait bien ainsi.

Georges se dit qu’aujourd’hui, ce n’était pas la peine d’insister, qu’il valait mieux trouver une solution pour aider sa femme, qu’il valait mieux qu’il rentre chez lui auprès de son fils. Cela me calmera se dit-il. Il se leva, serra la main de l’avocat, et partit, sans daigner avoir un regard pour le commissaire, même pas un au revoir.




4







Georges, en prenant sa SEAT, pour rentrer chez lui, se mit à cogiter. Dans sa tête tout tournait, il en était tout étourdi, le tournis lui montait à la tête, tout allait trop vite. Ses pensées allaient vers sa femme, le couteau avec les empreintes. « Comment sont-elles arrivées là ces empreintes, et ce couteau ? Pourquoi l’a-t-on vue dans un endroit, ou elle ne va jamais ? Et qui est cet homme ? Non, non, se dit-il, quelque chose ne tourne pas rond dans cette affaire. Il y a peut-être une confusion, il y a peut-être une femme qui ressemble à Céline, que le voisinage de cet homme a confondu. Mais avec ce commissaire obtus, têtu comme un âne bâté, impossible de le convaincre du contraire ».

Georges tournait en rond dans sa maison, ne sachant que faire. Il pensait à Céline qui, malgré son caractère fort, était fragile, sensible, sans son mari elle était perdue.

Comment est-elle, dans cette cellule, dans cette solitude et ce froid ? Car c’est connu que les prisons sont toujours glaciales. Et ce Ringard qui doit en ce moment la questionner, en essayant de la faire avouer, la torturant mentalement. Ah ! Il ne pouvait pas le voir ce commissaire qui croyait dur comme fer que sa femme était l’assas-sin. Cet homme ne doit pas aimer les femmes. Et il repensa au commissaire SAN ANTONIO, il se rappela les aventures, il avait lu quelques livres de Frédéric DARD. Ce commissaire était représenté comme un indi-vidu sale, grossier, avec toujours son habitude de manger d’énormes casse croûtes, dégoulinant de mayonnaise qui tombait sur ses vête-ments. Et Georges ne pouvait pas s’empêcher de faire la relation entre ces deux commissaires.

A cet instant, Georges se rappela d’un ami cycliste, avec qui il roulait souvent à vélo, faisant quelques randonnées ensemble, inscrits dans le même club, ils s’étaient pris mutuellement d’amitié. Sa femme étant aussi une latine, d’origine mexicaine. Ils ont eu beaucoup de discussions ensemble, sur le cyclisme, sur l’origine de leurs femmes respectives. « Je crois me rappeler qu’il est inspecteur de police, je vais l’appeler, il va peut-être pouvoir m’aider ».

« Il faut à tout prix que je sorte Céline de là, elle doit-être blanchie de ce qu’on l’accuse et mettre la pâtée à ce commissaire ». Ah ! Il en voulait à ce commissaire, ce teigneux, ce dégoutant personnage. Tout était répugnant chez cet homme, sa tenue, sa façon de parler, son bureau, enfin bref, tout quoi !

Il alla à son petit bureau au premier étage, ouvrit son ordina-teur, et chercha dans les contacts de son 12voip, le téléphone de son ami, il trouva le numéro et l’appela. En cliquant sur le numéro, il se dit qu’avec l’informatique, c’était facile, un clic sur la souris et hop c’est parti. A l’instant, la sonnerie se déclencha dans son casque et son ami au bout du fil, lui parla.


- Allo, qui est à l’appareil ?

- C’est moi Georges, le cycliste !

- Oui ! que se passe-t-il, tu m’as l’air affolé, dit Jérémy. Tu as des problèmes en ce moment ? Tu es malade ?

- Non Jérémy, répondit Georges, ils ont arrêté ma femme et le commissaire m’interdit de la voir.

- Quoi, qui l’a arrêtée, demanda Jérémy et pourquoi ?

- C’est un certain commissaire RINGARD, répondit Georges, il parait que Céline aurait tué un homme, un certain ALLEGRE, un homme d’origine latine comme nos femmes respectives. Céline aurait donné trois coups de couteau, Mais moi, je ne vois pas Céline donné des coups de couteau comme ça

- Racontes moi tout ça, que je comprenne ton histoire.

Et Georges, content que son ami l’écoute, commença à raconter son histoire…

Pendant ce temps-là, Céline se morfondait dans sa cellule. C’était une petite pièce lugubre, sombre, une petite ampoule fixée au plafond donnait une lumière blafarde, des barreaux de fer pour unique ouverture. Pour seul mobilier, il y avait une couchette fixée au mur, avec une simple couverture, il faisait froid et il y avait plein de courants d’air. Céline réfléchissait. » Que se passe-t-il ? Pourquoi suis-je accusée de ce crime ? Qui est cet ALLEGRE ? Et mon mari que va-t-il penser de cette histoire, il va croire que, dans le temps avant que je le connaisse, j’ai connu des gens peu fréquentable. Et pourtant toute ma vie j’ai vécu simplement, sans causer de problème à personne. Non ! Georges est un homme loyal, avec lui c’est le parfait amour, nous vivons ensemble intensément notre Amour. Et Georges fera tout pour me sortir de là. Il doit croire dur comme fer que je suis innocente ». Et Céline s’assit sur cette paillasse, un peu crade, rien que de la regarder, elle en avait le dégout. Et puis il faisait froid dans cette cellule, un froid de canard, deux nuits déjà dans cette geôle. Deux nuits déjà à se morfondre, dans cette puanteur, parmi les cris de jeunes délinquants arrêtés sur la voie publique en état d’ébriété. Céline en avait marre, elle ne supportait plus ce lieu. Combien de temps va-t-elle restée là ? Mentalement elle suppliait son mari de faire vite, de la tirer de là, elle ne savait pas combien de temps elle allait tenir. Son moral commençait à flancher…..

5







Accroché à mon téléphone, j’écoutais silencieusement mon ami, et je me disais qu’il était dans de sales draps. « Il faut que je fasse quelque chose pour le sortir de là, mais quoi faire ? »

- Ecoutes, ton histoire me parait compliqué, vient me voir, vers les dix-huit heures demain, je serais libre.

- D’accord, répondit, Georges, je serais là à l’heure et merci pour l’aide que tu peux m’apporter.

- A tout à l’heure.

Jérémy était un homme d’une quarantaine d’années, le visage fin, les cheveux grisonnants, coupés courts, pratiquement rasés. Sil-houette de jeune premier, mesurant 1,74 m, yeux marron et petite moustache, habillé sobrement d’un pantalon foncé, avec le pli sur le devant bien visible, une chemise blanche sans cravate, et vêtu d’ une veste de couleur bleue. Pratiquant le cyclisme avec passion. Il aurait participé pendant plus de vingt ans à des compétitions cyclistes. Il habitait aussi dans la région de l’Essonne depuis plus de quarante années et à Lisses, il y a une trentaine d’années.

C’était une petite ville de 7000 habitants, une ville où il aimait bien vivre. Du domicile de son ami à sa maison, il y avait environ huit kilomètres, ce qui facilitait, leurs rendez-vous cyclistes. A chaque sortie, ils se retrouvaient au rondpoint, à la sortie de Lisses, vers Mennecy.

Georges, après avoir raccroché le téléphone, était content, c’était un ami en qui il avait une grande confiance et il savait qu’il l’aiderait. Comment ? On verra bien ce qu’il me dira tout à l’heure. A vélo, il était pareil, un coup de main dans les montées, les relais appuyés pour rattraper des échappées, enfin bref, tel qu’il était, serviable mais aussi un battant. Etant tous les deux de même acabit, c’est la raison pour laquelle, ils s’étaient pris tous les deux d’amitié.

A 18 heures précises, Georges arriva chez son ami, après les salutations de rigueur et quelques paroles sur le cyclisme, ils se mirent au travail.


- Bien, comme ça ta femme est accusée de crime, et par le commissaire RINGARD en plus ?

- Oui dit Georges, et ce commissaire, je ne peux pas le voir. C’est un être répugnant, le sosie parfait de San Antonio.

- Rassures toi, moi aussi, je ne l’aime pas, c’est un confrère un peu limite dans ses actions. J’ai bien réfléchi à ton affaire. Comment est ta femme ? Comme je la connais, elle doit être catastrophée ?


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