Vol.1
LA SAINTE ETHIQUE

Règles d’usage de la matière synthétique
Dr William Théaux
Smashwords Edition Copyright © 2010 par le Dr William Theaux
Ce livre est concédé sous licence pour votre plaisir personnel uniquement. Ce livre ne peut pas être revendu ou donné à d'autres personnes. Si vous ne souhaitez pas partager ce livre avec une autre personne, veuillez acheter une copie supplémentaire pour chaque personne que vous partagez avec. Si vous lisez ce livre, il n'a pas acheté, ou il n'a pas acheté pour votre usage, puis revenez à Smashwords.com et acheter votre propre copie. Merci de respecter le travail de cet auteur.
William Théaux est médecin psychiatre au Puy en Velay, Haute-Loire 4300 France.
Il est Ancien Interne des Hôpitaux Psychiatriques de la Région Parisienne.
De 1980 à 1990 il a fondé l’Analyse Plurielle à Lyon en l’Association loi 1901: UNEFPE—Une Fonction Psychanalytique.
De 1990 à 2000 il a présenté ses travaux à l’étranger et fondé à New York la première organisation civile de préservation de la mémoire génétique humaine.
De 2000 à 2010 il expose en France, au Puy en Velay, les nécessités écologiques de la préservation de la mémoire humaine.
Publication PsyBakh
PsyBakh est une Association 1901 consacrée à la préservation de la mémoire dans la perspective de l’écologie.
PsyBakh répond aux règles cybernétiques des relations et de leur contrôle entre les organismes vivants et les machines. Elle y ajoute la notion que le psychisme est l’interface qui matérialise ces relations.
En 1900 L’Inconscient est la première intuition de cette relation. La préservation génétique en est la concrétisation en 2000.
PsyBakh est partenaire de Cyberontime pour la technologie de la préservation.
PsyBakh est éditeur de l’expression théorique de la préservation de la génétique humaine.
La Sainte Ethique est un label déposé. Il réclame qu’une psychanalyse scientifique garantit l’humanité au cours de la métamorphose technologique de l’écosystème.
Couverture graph: Station Z.Xin LAPREFLEXION / PSO
Ed. UNEFPE 1989 ISBN 2-907878-04-2
TABLE
Livre.1 CHIFFRAGE
Préface au Livre.1 DWT 2010-02-24
Préface au Chap1 Version 1 (V1C1) DWT 2010-01
V3C1.0.10 Evolution darwinienne
V3C1.0.20 Apocalypse numérique
V3C1.10.10 Expérience publique de lecture de la pensée
V3C1.10.10.10 L’ Expérimentation NASA
V3C1.10.10.20 Détection cérébrale directe
V3C1.10.10.30.05 Organicisme et Monoïdéisme
V3C1.10.10.30.10 Parole subvocale et Corps subagi
V3C1.20.10.10 L’automatisme mental
V3C1.20.10.20 Brouillage de l’automatisme
V3C1.20.20 Lacan, Freud, Reich en trois exils
V3C1.20.20.0.10 Ratés des débuts de carrière
V3C1.20.20.0.20 Débuts chaotiques et carrières pathétiques
V3C1.20.20.10 Chiasme de l’inhibition active
V3C1.20.20.10.10 Analyse du Chiasme
V3C1.20.20.10.20 Enjeu pratique du Chiasme
V3C1.20.30 Psychanalyse ou psychiatrie
V3C1.20.30.10 La capitulation de la psychiatrie
V3C1.20.30.20 L’aliénation de la psychanalyse
V3C1.20.30.20.10 Organicisme reichien
V3C1.20.30.20.10.10 L’assistance
V3C1.20.30.20.10.20 La consistance
V3C1.20.30.20.20.Effectivité des engrames
V3C1.20.30.20.30 Modélisation lacanienne
V3C1.20.30.30 Persistance de l’ambiguïté dans la psychanalyse
V3C1.20.30.30.05 Refus de la Psychologie Collective
V3C1.20.30.30.10 Le repli transférentiel
V3C1.30 Du transfert à l’Organicisme
V3C1.30.10 Outre la pulsion imaginaire
V3C1.30.10.10 La collectivité à deux
V3C1.30.10.20 La collectivité quatre
V3C1.30.10.30 Le quatrième élément de l’Ethique
V3C1.30.10.40 Inhibition active et synthétisme
V3C1.30.15 Franchissement de l’illusion
V3C1.30.15.10 L’engrame et son correspondant
V3C1.30.15.20 Subsistance organicisme
V3C1.30.15.30 Fable de la brique
V3C1.30.15.30.10 Capitulation dans l’emprisonnement citadin
V3C1.30.20 Le D2V—chiffre de la pulsion
V3C1.30.20.10 Effet neuro-physiologique de la suspension de cuirasse
V3C1.30.20.20 Un accessoire D2V
V3C1.30.30 Neurosciences et Cybernétique
V3C1.30.30.10 Restitution à la psychiatrie d’une psychologie collective
V3C1.30.30.20 Un organicisme restant à sonder la génétique
V2C2.0.10 Les origines de la psychanalyse
V2C2.0.10.10 Aucune antériorité connue
V2C2.0.10.10.10 Les préséances potentielles à la psychanalyse
V2C2.0.10.10.20 Les préséances hypothétiques; Hermétisme et Art de la Mémoire
V2C2.0.10.10.30 Un indice récent qui éclaire les préséances
V2C2.0.10.20 La psychanalyse est-elle synthétique ?
V2C2.0.20 Elément unité de construction
V2C2.0.20.10 Distinction de la structure unitaire
V2C2.0.20.30 Brique & Bactérie
V2C2.0.30 le chiffre comme un virus
V2C2.0.30.10 Qu’est-ce que du signifiant ?
V2C2.0.30.20 le vibrion de la peste (mëme/semblant/chiffre)
V2C2.0.30.20.10 L’exigence d’une seconde distinction
V2C2.0.30.40 Disparition des espèces
V2C2.0.40 Confirmation de la casuistique du D2V
V2C2.10.0.10 Background et kabale
V2C2.10.0.20 De Vienne à l’Inde
V2C2.10.10 Une terminologie distincte nécessaire
V2C2.10.10.20.10 Dépôt légal de dénomination
V2C2.10.10.20.20 Transfert et émotion
V2C2.10.10.20.30 Le jeu des mots ment alité
V2C2.10.10.20.40 Le fruit du divorce entre Lying et Psychanalyse
V2C2.20.10.10 Fable de Performa
V2C2.20.10.20 De la fable à la fiction
V2C2.20.20 Dianétique et Psychanalyse
V2C2.30.10 Les critiques visant la psychanalyse
V2C2.30.10.40 Défense de la sexualité
V2C2.30.20 Le refoulement par la psychanalyse
V2C2.30.20.10 Question Signifiant
V2C2.30.20.10.10 Œdipe Sénèque
V2C2.30.20.10.20 Lettre volée & Conan Doyle
V2C2.30.20.10.30 La lettre qui vole La Lettre Volée
V2C2.30.20.20 Question Sexualité
V2C2.30.20.20.10 Castration des testicules
V2C2.30.20.20.20 Forclusion du chromosome
V2C2.30.20.30 Question Mémoire
V2C2.30.20.30.10 Oubli de la réalité
V2C2.30.20.30.20 Négligence des traces
V2C2.40 Objet et But du chiffrage D2V
Livre.2 DECHIFFRAGE
Préface Livre3—(chap3&4)
Chap.3—V2: Psychologie Collective
C3.00 Introduction par le refoulement
C3.00.01 Détection du refoulement par ce qui manque
C3.00.02 Manque de prise en compte de la Cybernétique
C3.00.03 Manque d’estimation de la psychologie collective
C3.10 Psychanalyse an 2000 Trois notions:
C3.20.10 L’Unité du jeu du mot
C3.20.20 La Philame de toutes lettres
C3.20.30.10 Logique de l’âge typal
C3.20.30.10.10 Sortie par le Semblant
C3.20.40 Structure et facture du mensonge
C3.20.40.10 Conventionnel et semblant
C3.20.40.20 Individualité et réalité
C3.20.40.20.10 Art de la Mémoire
C3.20.40.30 Le chiasme oedipien
C3.20.50 Une ontologie du pluriel
C3.30 Mémoire et Cure de Mémoire
C3.30.10.10 Les écrasements de la mémoire
C3.30.20 Mémoire et psychologie collective
C3.40.10.10 LAPAREIL informatique
C3.40.10.20 LAPAREIL biologique
C3.40.20.20 Pluriel Analytique
C4.00 La psychanalyse au bord de son abîme
C4.00.10 Une psychanalyse mise en cause
C4.00.10.10 Trois exemples de découverte
C4.00.10.20 La découverte biaisée
C4.00.20 Prescription de Freud
C4.10 Rive d’une Psychologie Collective
C4.10.00.01 Préhistoire et dangers d’une psychologie collective
C4.10.10 Condition et conditions d’une Psychologie Collective
C4.10.10.10 Risques de la psychanalyse
C4.10.10.10.10 Tentation de l’Un
C4.10.10.10.20 Passage entre deux rives/abîme
C4.10.10.10.30 Un pont c’est tout: le moi
C4.10.10.20 Faveur à la psychanalyse
C4.10.10.20 10 Faveur par la logique
C4.10.10.20.20 Moins l’âme des peuples que celle de la Nature
C4.10.20 Identification d’une psychologie
C4.10.20.10 Technologie et psychologie
C4.10.20.10.10 La série communicative
C4.10.20.10.10.10 La série en relief
C4.10.20.10.20 La communication psychologique
C4.10.20.20 Fonction métaphorique de la psychanalyse
C4.10.20.20.10 Métaphore et mémoire
C4.10.20.20.20 L’espace psychique ajouté à la physique
C4.10.20.20.30 L’Energie de l’Espace
C4.10.20.20.40 L’occupation imaginaire de l’espace psychique
C4.10.20.30 Fonction homéomorphe du moi
C4.10.20.30.10 Politique de l’Homéomorphisme
C4.10.20.30.20 La politique de l’homéomorphisme
C4.20 La Psychologie Individuelle expliquée
C4.20.10 Transfert et Pulsion de Mort versus Libido
C4.20.10.10 Sphincter et raison scientifique de l’homéomorphisme
C4.20.10.10.10 Rattachement de l’individu à la collectivité
C4.30 Psychologie collective constituée
C4.30.10.10 Simonide et l’Art de la Mémoire
C4.30.10.20 Art de la Mémoire homéomorphique de l’individuelle
C4.30.10.20.10 Division des deux ensembles
C4.30.10.20.10.10 Bijectivité de la Mémoire
C4.30.10.20.20 L’analysant et l’être-pour-la-mort
C4.30.20 Expression de la psychologie—l’Histoire
C4.30.20.10 Composition psychologique de l’histoire; psychohistoire
C4.30.20.20 Retrouvaille de l’Art de la Mémoire—symptôme
C4.30.20.20.10 Le Pluriel Analytique—(résolution)
C4.30.20.30 Évènementiel de l’Art de la Mémoire—chronique
C4.30.20.40.20.10 Le boulon manquant
C4.30.20.40.20.20 Analyse Plurielle
C4.30.20.40.20.20.10 Le freudisme et autres symptômes démontés pour une psychanalyse plurielle:
LA SAINTE ETHIQUE
Livre.1 CHIFFRAGE
Comme initialement le Chapitre 1 seul, la présente compilation des Chapitres 1 & 2 constitue un ouvrage autonome.
Il décrit l’unité agent de la psychanalyse ( un chiffre ‘ D2V ‘ ) et ajoute la description de son épidémiologie, achevant l’inscription intégrale de la psychanalyse dans l’histoire sociale. Il ne s’agit pas d’une mode au cours du temps mais d’un moment de la mise en règle du monde par la cybernétique, autrement dit par l’Intelligence Artificielle, autrement dit encore, par l’informatique.
Tel n’est pas encore dit l’objet de la psychanalyse; on peut décrire un microbe et son épidémie dans décrire comment le corps en est affecté. Mais pour cette raison, exclue la manière dont le corps s’en affecte, c’est l’essentiel d’une maladie—que Freud appela la peste —que ces deux chapitres cernent et objectivent.
Deux éléments trouve cette préfacepour s’expliquer; l’un concerne un fait symptomatique avant la conception de l’ouvrage, l’autre une information survenue après elle. Je commence par ce dernier:
Au cours de ces deux chapitres j’énumère des symptômes, des trous physiologiques dans un fonctionnement normal, au cœur même de la Psychanalyse. Comme les pulmonaires cavernes évocatrices du diagnostique de tuberculose logent des bacilles, des lacunes dans la Psychanalyse logent le D2V quand il rend malade. J’en mentionne quatre laissant en suspens la quatrième: le refoulement de la réalité historique. Or quelques semaines après l’avoir écrit, de précis résultats archéologiques ont été annoncés puis publiés, qui tombent dans le mille de cette caverne laissée creuse.
Destinés à ces autres chapitres que j’annonçais, ils occuperont donc une place préparée.
Un lapsus est ce symptôme préposé, il dénote cette préparation, comme un chiffon dit «je nettoie »:
La première édition du livre affichait une coquille à l’impression de son titre: le D2V n’était pas imprimé ‘chiffre’ —mais ‘chiffe’. Comme si le chiffre D2V était un chiffon, une chiffe, mauvaise étoffe.
Je ne croyais pas si bien dire en préambule à la confirmation de la peste; c’est pourquoi circonscrit aux deux premiers chapitres, je garderai le lapsus; il s’agit de la Psychanalyse qui s’en tient là.
C’est après que la maladie ait passé le chiffon sur nos fautes passées, qu’on peut faire du chiffre l’étendard de la guérison. Je le brandirai au 3em livre qui aura attaqué la maladie du corps social.
—DWT 2010-02-24
Préface au Chap1 Version 1 (V1C1)
Le présent ouvrage composé en janvier 2010 est autonome.
Il décrit et démontre l’existence d’un phénomène actif et objectif qui constitue l’agent de la psychanalyse.
Durant un siècle le facteur d’effet de cette pratique instaurée à partir de Vienne/Europe en 1900 a été considéré comme un élément psychologique dénommé ‘transfert’. Cette notion a servi d’alibi de développement, d’extension et de propagation de la Psychanalyse.
A partir des années 2000, les neuro-sciences et la cybernétique ont révélé avec une meilleure précision les mécanismes en action dans la méthode viennoise. Elles ont mis en évidence à sa cause un facteur purement organique, neurologique et somatique.
Ce facteur avait été déjà identifié et presque décrit par la psychiatrie française jusqu’à ce qu’à partir de 1950 elle s’éteigne sous l’influence des notions anglo-saxones. La redécouverte de l’agent actif de la psychanalyse à partir de 2000 confirme et restitue la psychiatrie française et sa théorie de l’époque nommée organicisme.
Actuellement ce facteur causal qui rétablit l’organicisme est désigné, dans le présent ouvrage, en terme d’un chiffre (D2V).
En entrant définitivement dans le domaine scientifique, la psychanalyse s’affilie à une éthique qui règle l’écologie. Dans la mesure où elle y contribue en maintenant l’espèce humaine dans cette écologie, elle constitue la part Sainte de cette Ethique.
Elle porte ce nom à double titre, car au rôle de cette sainte Ethique consiste l’adaptation réciproque de l’industrie synthétique au code génétique de la personne humaine ainsi qu’à celui de sa biocénose (son environnement vivant).
Pour soutenir ces extrapolations, le présent ouvrage devra être complété. Il faudra particulièrement prouver ce qu’il démontre. En effet, la simple raison ne suffit pas en matière de psychologie et d’idéologie; il faut un certain nombre d’éléments qui viennent redoubler la première étape qui reste, sans cela, uniquement intellectuelle.
Pour ces motifs et à cause de ces incidences concrètes, cette version de janvier 2010, sera ultérieurement amendée. En ajoutant les circonstances technologiques d’édition électronique, des modifications auront éventuellement lieu à une plus grande fréquence que ne suivront, à leur rythme plus lent les versions papier. Dans cette mesure néanmoins l’entité présente sera maintenue, sans modification essentielle qui divertirait qu’elle soit entièrement significative en constituant à elle seule la mise en évidence et l’identification du D2V.
—DWT 20 janvier 2010
V3C1.0
Je trace ces mots durant l’année 2010, J’y passe ma soixantième année. A notre époque on tend le cou vers l’horizon du siècle et à mon âge on tire à soi son passé; on l’empaquette pour en faire un résumé. Je l’écrirai donc ici pour autant que son point de vue dégage des formes possibles à l’horizon 2100.
Ma vie n’est pas grand-chose. Comme dit une chanson, « j’ai oublié de vivre.» J’ai fait vivre un démon à ma place; c’est un jour un vieux moine qui m’en a parlé. On le trouve nommé dans le mot démo -cratie avec Hippocrate, du savoir collectif et de la médecine. Il s’agirait de la Connaissance, un démon guérisseur. Lorsque je l’aurai rendu, j’espère qu’il sera satisfait et qu’il me laissera vivre, pas trop tard. Je vais décrire ce que j’ai cru voir.
Evolution darwinienne
Ces jours-ci l’humanité pense que dans les quatre vingt dix ans qui vont venir, des modifications écologiques considérables transformeront les conditions de vie sur la planète. La plupart d’entre nous ne montrent pas d’inquiétude; peut-être en refoulant une angoisse. Les stoïques parmi eux pensent que l’humanité affrontera les dangers et ses peurs mais sans rien pouvoir y changer. Car plus la science a progressé, plus elle nous a convaincu que nous étions déterminés; d’abord comme des animaux, certes évolués mais, ensuite, que nous étions surdéterminés comme des machines, des machines biologiques ! mais néanmoins machines. C’est à Descartes, vers 1600, qu’on attribue cette façon rationnelle de nous connaître en Occident.
Depuis lors nous pensons qu’il est surtout nécessaire d’être réalistes et qu’en nous défaisant de nos illusions, nous pouvons espérer vivre un certain temps en répétant mécaniquement les mêmes choses, en appliquant les mêmes commandes. Dans cette veine, c’est à Freud, vers 1900 qu’on se doit de penser que ça puisse procurer un certain plaisir. On aura même été jusqu’à nommer cette loi de répétition, cette loi de l’habitude comme font les planètes qui tournent et tournent, du joli titre de « Principe de Plaisir ». Si elles pouvaient chanter, les planètes diraient leur plaisir de valser; et nous tournons en rond tant que possible.
Forts de ces idées, nous vérifions par le travail que répéter les mêmes choses nous entretient, aide nos cycles biologiques et économise notre vigilance. Nous nous maintenons ainsi en bonne santé. Nous savons même que nous pouvons renforcer ce principe en nous imitant les uns les autres. Nous en gagnons de la sorte un repère moyen, statistique et unitaire sur lequel nous pouvons prendre appui, gagnant encore plus heureusement en économie et en réassurance. Cet appui sur nous-même gagne presque la jouissance; et au-delà du plaisir nous atteignons, en principe, la réalité, sur une terre promise par la psychologie collective.
Mais un appui sur nous-même n’est jamais qu’un semblan t d’appui. Nous recherchons quelque chose d’autre que Narcisse avec ou sans la fée Echo.
Apocalypse numérique
Les théories les mieux admises soutiennent donc que nous étions des animaux, que les animaux sont des machines et qu’au mieux nous sommes des machines inconscientes. Je n’ai pas voulu que ce petit livre commence mal et soit décourageant. Nous allons donc tout de suite parler d’une innovation. Elle est actuelle, moderne et concerne nos vies présentes. Laissons là notre passé rabaissé au rang animal et mécanique. Oublions-le (un instant) pour nous tourner vers le futur où nous découvrons quelque chose de bien plus positif: voilà des machines qui deviennent biologiques, et qui deviennent humaines ! Pour avoir porté la nature et l’humanité au rang d’une industrie mécanique, sinon de consommation, ne sommes-nous pas bien rétribués de la monnaie de la pièce ? Notre chute est inversée. Nous contemplons notre émergence.
Mais Narcisse plongé dans son image nous inspire crainte et méfiance. Nous voudrions rester humain et que les robots restent à leur place; du moins un certain nombre d’entre nous le voudrait—tandis que c’est tous ensemble que nous sommes face aux faits incontournables. Il nous faut les rencontrer, les accepter, les affronter, les analyser jusque dans leur extrémité: non seulement les machines deviendraient biologiques, mais on dirait qu’elles pensent. C’est le comble ! Dernièrement on a donné la preuve que des robots commencent à lire nos pensées. C’est cette vue—à peu près impensable—qu’il faut que nous embrassions, pour revenir graduellement et retracer notre révision de conscience.
Nasa
V3C1.10.10
La lecture de notre pensée propre aurait des conséquences incalculables. A une époque encore récente on classait une machine à lire les pensées dans la même catégorie que les machines à remonter le temps; il s’agissait de la part Fiction de la Science. Par conséquent, lorsque la NASA—l’agence spatiale américaine—fit la démonstration devant la Presse, de la possibilité de piloter un robot, ou d’écrire sur un ordinateur par le simple exercice de sa pensée, l’humanité, sans d’ailleurs en faire grand cas, a effectué un bond immense.
L’ Expérimentation NASA
Cette performance fut produite publiquement en mai 2004 par la NASA. Il faut l’examiner en détail, la vérifier et la critiquer pour savoir ce qui s’est réellement passé ce jour-là.
En apparence et en évidence, sur la scène, un technicien que nous appellerons l’ expérimentateur était assis à distance des machines (robot et ordinateur) qui allaient suivre ses pensées. Lui-même suivait les directives d’un assistant qui commandait des ordres courts ou dictait des syllabes. L’Expérimentateur était appelé à les répéter en silence dans sa tête. Les spectateurs constataient que le robot suivait les ordres ainsi formulés—ou bien que l’écran de l’ordinateur affichait le texte dicté. Ce pilotage passait par le canal de la pensée de l’Expérimentateur.
Il ne s’agissait pas de music-hall ni d’un tour de magie. Tout était expliqué et on laissait voir que l’expérimentateur était appareillé de câbles qui le mettaient en communication avec les machines à distance, robot et ordinateur. Cependant il n’émettait aucun son et ne faisait aucun geste.
La présence de l’Assistant servait à montrer que c’était telle ou telle ordre qui était émis et transmis à ces machines.
La suite de la présentation expliqua comment le processus de cette nouvelle technologie se passait:
Lors de cette démonstration—que j’appellerai par la suite ‘Expérimentation NASA’ —câbles et fils ne sont pas branchés sur la boite crânienne de l’expérimentateur; ils ne transmettent pas de signaux du cerveau. Des capteurs sont situés plus bas, au niveau de la gorge et sous le menton; mais il ne s’agit pas de capteur audio—aucun son n’est émis par l’expérimentateur qui, bien au contraire s’interdit d’en produire. Ces sondes enregistrent une activité électrique particulière au niveau de ce qu’on appelle le tractus vocal —c’est à dire la zone et organe musculaire de la voix.
Les observateurs pressés ou de mauvaise volonté se seront dit aussitôt: «ah ! voilà le pot au roses. Ce dispositif ne capte pas la pensée du cerveau mais des mouvements du corps. » C’est vrai mais peu réfléchi. D’abord parce qu’il n’y a en réalité aucun mouvement, ni émission de souffle ou de son, ensuite parce que s’il devait être extraordinaire de capter la pensée du cerveau par des sondes, il ne serait pas moins remarquable de la capter par le corps faisant office de sonde intermédiaire. L’expérimentateur était impassible, immobile et silencieux; rien d’autre qu’un phénomène électrique sans effet était ainsi détecté. Quelle était donc cette particulière activité électrique ou, pourrait-on dire, cette pensée du tractus vocal ?
Pour comprendre ce que cette petite expérience recèle d’évènement historique il convient de nous éclairer un peu plus largement. Il faut étendre notre observation au contexte plus général et décrire d’autres avancées qui avaient lieu durant ces années-là. La NASA n’était pas seule à produire une démonstration du contrôle par la pensée.
Détection cérébrale directe
D’autres laboratoires sur la planète développent des technologies propre à animer un robot par la seule commande de la pensée au moyen d’électrodes placées sur la surface de la tête. Cette technologie capte les signaux du cortex cérébral sous-jacent. Dans ce cas, lorsque l’expérimentateur imagine—on dit aussi ‘visualise’ —par exemple un mouvement de sa jambe droite, une activité cérébrale gauche est détectée, correspondant à sa zone corticale motrice. S’il est paralysé, sa ‘visualisation’ est interprétée et son fauteuil roulant tourne à droite—inversement pour la gauche, éventuellement il freine à la visualisation d’un bras qui se lève etc…Ce type d’expérience montre que des détections sommaires de signaux cérébraux renseignent suffisamment pour qu’un système robot puisse s’en servir de commande. Nous sommes alors assez proches de la lecture de la pensée mais néanmoins, encore limités à la composante très physique de la pensée: celle de l’imagination du mouvement musculaire. Dans ce cas certains trouveront même difficile d’y reconnaître une qualité de ‘pensée’. Mais on sait qu’avec un perfectionnement et le développement rapide de la technologie, on est en train d’étendre la détection à d’autres zones spécialisées relatives aux couleurs ou aux sons; l’analyse informatique détecte l’émotion et des états de vigilance, d’inhibition et de réflexion, de calcul, d’attente etc…En rassemblant ces composants la robotique saura prochainement capter les systèmes ou la systématique qui forme la pensée. En y ajoutant la formation des mots des zones corticales linguistiques, la voie est ouverte pour l’enregistrement direct des activités cérébrales les plus hautes et complexes.
Toutefois, si ce sondage direct est brillant, il révèle d’autant par contraste tout l’intérêt de l’ Expérimentation NASA, qui emploie le détour d’une détection que nous appelons somatique au lieu de la directe détection cérébrale.
Retour à NASA
Ce que le langage courrant appelle ‘ parler à voix haute dans sa tête ’ est une activité commune, triviale, parfois involontaire et obsédante comme le refrain d’une chanson qu’on répète en soi-même en silence et en boucle. Il s’agit de cette sensation interne que l’expérimentateur met en action dans l’Expérimentation NASA. On nomme alors ce parler dans sa tête du terme technique de « parole subvocale » .
Durant l’exécution d’une ‘parole subvocale’ les capteurs appliqués aux zones musculaires de la voix ne relèvent aucune activité ni flux, ni sonore ni musculaire à proprement parler. Uniquement détectent-ils une sorte d’Accusé de Réception, autrement dit: un signal émanant du cerveau. Ce signal est une stimulation cérébrale arrivant au muscle dans un état inhibé.
Puisque ce signal sur le muscle est immédiatement contemporain de la sensation cérébrale de la parole subvocale et on peut se demander s’il y aurait la moindre sensation de parole subvocale sans l’existence corrélative de ce frisson inhibé.
Nous allons découvrir que cette propriété neuro-musculaire n’était pas inconnue et qu’avant qu’on la mette en évidence par les ordinateurs. L’intuition qu’on avait d’un signal inhibé entre cerveau et muscle, permettait depuis longtemps déjà qu’on ait donné un nom à ce type de phénomène. Il est approximativement correspondant à ce qui fut appelé au début du 20em siècle, ‘frayage paresthésique’. Aujourd’hui les techniciens le nomment « inhibition active ». Il doit participer à l’élucidation de la Théorie de l’Information [C3&C4] et à la manière dont celle-ci supporte ce qu’on appelle dans son plus noble sens la parole.
Au stade présent c’est la face musculaire de cette inhibition active que les capteurs enregistrent et interprètent. Il suffit ensuite de paramétrer l’outillage robotique afin qu’il se coordonne aux divers signaux inhibés correspondant aux paroles subvocales.
Résumons donc d’une figure à ce stade l’explication la plus probable de l’Expérimentation NASA:

fig.C1.10: composants de la pensée
Au titre de la pensée l’expérience combine les notions a) d’une sensation, b) d’une inhibition et c) d’un signal. Ce sont la parole subvocale (sensation), l’inhibition active (que l’Expérimentateur ignore dans sa concentration à répliquer l’ordre de l’Assistant en écho) et une trace (dont l’expérimentateur est inconscient; seulement détectable par des instruments sur le muscle inactif). Ce trio est si prégnant qu’on soupçonne fortement qu’il n’y ait pas de parole subvocale sans inhibition et trace inhibée.
Organicisme et Monoïdéisme
L’expérience de la NASA est donc riche d’enseignement; plus riche que la détection de l’activité cérébrale directe. En supplément à la détection transcrânienne, cérébrale et directe, la capture somatique montre—ou paraît montrer, pour les sceptiques—que la pensée n’existe pas seule et autonome. Le corps y participe et de façon si intime qu’il n’y aurait peut-être pas de sensation subvocale s’il n’y avait pas une correspondance somatique dont la pensée userait une sorte d’écho. Nous devons alors envisager que le signal somatique ne résulte pas tant de la pensée, qu’il en soit plutôt le soutien, le soubassement voire sa cause.
La pensée aurait-elle toujours lieu comme par un effet réfléchi sur un organe inhibé ? Nous traiterons plus tard le cas d’un organe paralysé ou d’un membre amputé; il nous faut d’abord, dans cette première hypothèse, mesurer les enjeux et considérer les systèmes philosophiques ou psychologiques de la pensée qui en découlent:
Si la pensée est une telle structure en écho, la sensation subvocale est bien différente d’une idée laquelle après sa naissance dans le cerveau subirait une simple l’inflation, et sans autre moyen une extension par intensification jusqu’à l’hallucination toujours cérébrale. Dans le passé, on disputa ardemment ces théories alternatives. Les unes soutenaient un ‘Organicisme’ qui faisait foi d’une participation du corps à la pensée sinon la cause de leur l’existence même. A l’opposé leurs adversaires ne se réclamaient que d’idées autonomes accessoirement sujettes à des intensifications; cette théorie faisant appel à un ‘monoïdéisme extensif’. Organicisme et Monoïdéisme s’opposaient, le premier dénonçant que le second, s’il soutenait une idée autonome (sur toute la gamme, de l’idée abstraite à l’idée sensorielle), il laissait forcément de côté le somatique tant et si bien qu’il s’avérait en son fond: dualisme, comme cet appui sur soi-même que j’ai commencé par dénoncer du Semblant [ V3C1.0.10 ] .
Cette alternative à l’intégral Organicisme remonte à des époques très anciennes, comme le manichéisme, qui offrait aux monothéismes originaux le recours du dualisme [1.20.30.10]—ce qui est un comble pour des monoïdéismes ! Les temps modernes n’y ont pas manqué, à travers Eros & Thanatos en psychanalyse, jusqu’à ce qu’elle ait été finalement sanctionnée par l’Expérimentation NASA en faveur de l’Organicisme dans le détail que nous allons le voir.
Il serait faux ou prématuré de dire qu’il est résolu. Ce qui est maintenant acquis est le fait d’une part que c’est involontairement que l’expérimentateur impose un signal au tractus vocal quand il pense dans sa tête; et que non seulement involontaire, il en est également inconscient—car il est exclusivement concentré dans la sensation de sa parole subvocale. Le compte-rendu de l’observation décrit une sensation virtuelle qui se sépare de la sensation d’organe, lequel organe n’en est pas moins, à la preuve de capteurs idoines ‘frissonnant’. Les plus récentes observations montrent que ce phénomène s’applique ailleurs, notamment à l’utérus, indiquant la vaste dimension ouverte par cette structure sensationnelle.
Fort d’une apparente exclusion, on va montrer comment l’organe ne paraît pas moins nécessaire, soit en causant, soit en répercutant une sensation qui résonne alors, à l’image d’un tambour ou dans l’espace d’une citerne. Dans ce cas, la parole subvocale sera conçue comme un écho, répercuté par l’inhibition active qui a tendu comme une peau les masses somatiques de l’organisme:
Parole subvocale et Corps subagi
Lorsqu’on applique cette expérience à d’autres sensations que le son issu du tractus vocal, comme par exemple la visualisation d’un mouvement tandis que son membre par ailleurs reste immobile, intervient une objection: un membre amputé n’empêche pas qu’on y pense—puisqu’au contraire il se signale souvent de façon douloureuse dans le cas de ce qu’on appelle un membre fantôme. On serait donc détrompé de croire que la parole subvocale, comme en cas de membres ces mouvements subagis, s’appuie sur l’organe comme écho—puisqu’en ce cas, d’organe il n’y a plus.
Cependant, à mieux analyser cet argument qui parait en défaveur de l’organicisme, on trouve qu’il se retourne à son avantage. D’abord—appel à Monsieur de la Palisse—la douleur d’un membre amputé ne contredit pas la présence requise d’un membre puisqu’il était présent avant son amputation ! Cet organe aurait alors laissé sa trace en amont , c’est à dire dans l’interface entre le cerveau et le membre. Il s’agit là de ce qu’on a appelé la zone d’inhibition active, devenue ou chargée du facteur autonome dudit ‘écho’.
Cette hypothèse—avec la meilleure connaissance qu’elle apporte de l’inhibition active —est confirmée par l’expérience suivante:
Lorsque durant la croissance un membre est artificiellement ou accidentellement immobilisé ou inactivé, il n’est pas possible que son propriétaire ultérieurement l’imagine ou le visualise. A l’inverse d’un membre fantôme qui n’existe plus, on peut parler en ce cas d’un membre absent bien qu’il soit là en réalité. Pareil membre qui n’a pas été éduqué, stimulé, qui a été négligé ne produit même aucune sensation de la douleur lorsqu’il est nocivement stimulé; à fortiori une sensation de son mouvement subagi.est impossible. Cette observation démontre qu’un organe est nécessaire à la production de sa sensation imaginaire mais qu’il n’est pas non plus le lieu causal de sa sensation. Elle répond donc aux interrogations posées par le membre fantôme. Ce phénomène renforce la théorie organiciste au lieu de la contredire. La sensation d’un membre amputé confirme que les impressions subvocales ou subagies sont réfléchies non seulement à partir d’un organe mais à partir de traces composites ou complexes, largement tributaires de la zone de l’inhibition active voire plus que de l’organe lui-même.
Si nous décidons alors de construire une image complète du phénomène, on se servira du modèle d’une citerne ou une surface tendue par l’inhibition active comme le serait une peau de tambour émaillée de traces de cette inhibition, émettant comme un écho—parole subvocale ou geste subagi—des sons ou des images reflets de ces traces.
A présent qu’elles sont logiquement mises en évidences, décrites et situées, on peut donner à ces traces le nom d’ engrame [ fig.C1.20;eng]
Cybernétique
Je dois avertir qu’il faut prendre avec précaution le modèle qui découle de ces observations. J’emploie déjà le mot ‘engrame’ avec une orthographe particulière, afin de le rapprocher mais aussi le distinguer d’autres usages que l’on verra plus loin. Quant au modèle, il est hypothétique et, s’il doit être démontré ce sera suite à un développement plus fouillé et complété au cours du texte suivant. Il est même requis qu’il soit par ailleurs redoublé d’expérimentations et preuves neuro-physiologiques. Avec ces précautions on peut en tracer un schéma:

fig.C1.20: Quatrain
Il s’agit d’une proposition préparatoire à une étude qui se prolonge jusqu’à sa vérification éventuelle; j’ai choisis à présent de le nommer Quatrain parce qu’il présente quatre angles et parce qu’on trouvera [x] qu’il loge le train de l’Information aux portes de la cybernétique.
Cette figure montre les quatre éléments d’une pensée qui s’avère composite et appuyée sur l’organisme de manière essentielle. La zone générale est circulaire; c’est le corps de l’Expérimentateur . S’y loge dans la zone supérieure, cérébrale, ce qui est écrit ‘sub’, indiquant ce qui est perçu par l’expérimentateur comme une sensation, sonore ou gestuelle (parole subvocale, geste subagi). La zone inférieure est ‘somatique’; elle loge l’engrame ( ‘eng’).
Entre les deux, un complexe intermédiaire situe l’inhibition active. Elle est constituée d’une stimulation orientée vers l’engrame et une autre issue dudit engrame. La seconde se réfléchit sur la paroi somatique (l’organe, l’organisme) afin de rendre l’écho que manifeste la sensation dite sub. En supplément le schéma indique la première stimulation, vers l’engrame, venant de l’extérieur pour autant que nous avons constitué le modèle à partir d’une expérimentation mettant en scène un Assistant. Cependant, au cas où l’Expérimentateur serait autonome et agirait seul, cette stimulation peut être entretenue (en pointillé) par une origine interne. C’est dans ce second cas qu’un cycle se boucle de répercussion en répercussion et formant un pseudoïdéisme.
Pareille théorie de la pensée en citerne, caisse de résonnance ou tambour est une idée ancienne; on employa ainsi l’image de la caverne depuis la haute antiquité jusqu’aux plus récentes psychanalyses. C’est un modèle que la science a aussi adopté pour d’autres spécialités; passé son usage plus ou moins confiné aux enseignements occultes, il s’est imposé du moment où l’on a commencé à construire des ordinateurs informatiques. La technologie qui traite les phénomènes assimilables à un écho à l’intérieur des machines ou entre les machines et leurs utilisateurs et nommée Cybernétique. Cette nouvelle science ayant débuté vers les années 1940, a été popularisée durant son émergence, par des livresaux titres expressifs comme Le Cheval dans la Locomotive—de Arthur Koestler, traduit de l’anglais The Ghost in the Machine qui signifie aussi le fantôme dans la machine. Dans le cas de l’Expérimentation NASA nous pourrions écrire ce titre: La parole subvocale dans le corps de l’inhibition active.
L’Inhibition active
Voici donc un court traité neurologique et cybernétique que j’ai tâché de rendre aussi aisé que possible à suivre. Il n’est pas tant compliqué que pénible pour la raison inconsciente qu’il nous décrit nous-même. C’est quelque chose qui occasionne toujours un sentiment de pénibilité. J’espère néanmoins qu’il aura pu mener l’oeil jusqu’ici car nous allons à présent le réviser de manière plus facile. Mais ce ne sera pas réjouissant car c’est par la pathologie que cette révision est offerte. Les malades qui par conséquent l’ont démontrée sont précisément ceux qui ont éprouvé le plus intensément cette pénibilité. Leur charge…décharge d’expérience les bien-portants qui bénéficient en les observant d’une sorte de mise à distance avec la description d’eux -mêmes. Nous reviendrons sur cet étrange équilibre de la santé et sur son partage communautaire.
Un acte volontaire est souvent nécessaire à l’obtention de cette sensation auditive, comparable à une visualisation, que constitue la parole subvocale. Toujours en quête de connaître le mécanisme de la pensée, on constate que cet effort contredit qu’il s’agisse d’une forme exacte de pensée car celle-ci se déroule généralement sans contrainte ni effort, voire sans attention particulière. Quand des chansons nous trottent dans la tête jusqu’à parfois nous hanter, l’effort est plutôt celui de les étouffer. On atteint alors le domaine de la pathologie, qui est une source de renseignements importants pour aider à comprendre comment opèrent les fonctions naturellement.
Les cas d’hallucinations auditives que la psychiatrie recueille incitent à la comparaison avec la parole subvocale. J’ai rappelé qu’avant que la NASA au début du troisième millénaire n’ait produit son expérimentation, la psychiatrie élabora vers les années 1920 la théorie qualifiée ‘Organicisme’. L’histoire montre qu’elle fut en avance sur son temps et remarquablement pertinente, car la NASA en 2004 a purement et simplement confirmé la validité de et Organicisme des années vingt. L’examen que nous avons fait va donc révéler toute son utilité pour revenir à présent à la psychiatrie du début du siècle dernier.
V3C1.20.10
V3C1.20.10.10
C’est à l’époque où la psychanalyse à partir de Vienne commençait à croître en réputation que le psychiatre français, médecin aliéniste de Paris, Gaëtan Gatian de Clérambault soutenait la thèse de l’origine organique des hallucinations. Il élaborait un concept définissant l’automatisme mental, basé sur le fait que «entre une idée et sa traduction sensorielle, s’interpose ce qu’on peut appeler le processus intermédiaire». Il ajoutait à cette formulation qu’à l’origine d’une hallucination, l’idée pouvait même être absente et remplacée par une suggestion extérieure—comme dans le cas de la commande émise par l’assistant dans l’expérimentation NASA. Ce qu’il appelait ensuite sa traduction sensorielle correspond à ce qu’on nomme aujourd’hui ‘parole subvocale’. Troisièmement, le processus intermédiaire qui nous intéresse particulièrement était ce que le psychiatre parisien nommait alors ‘frayage psycho-sensoriel’, signifiant selon la physiologie de son époque un circuit neurologie croisé, équivalent à celui que nous avons appelé inhibition active.
La thèse de De Clérambault est exactement figurable par le Quatrain [fig.C1.20] où se précise l’automatisme qui clive [fig.C1.30] la parole subvocale [fig.C1.20;sub] en idée et sensation. En d’autres termes, le modèle psychiatrique des années 1920, qui caractérisa ce qu’on appelle depuis une psychiatrie française, aurait bien pu s’appeler cybernétique si le mot n’avait été forgé que plus tard, en 1947 et à l’examen de machines, en préfiguration de l’Intelligence Artificielle.
Nous aboutissons quant à nous sur un point crucial de croisement qui appelle à ce que nous le décrivions avec précision.
V3C1.20.10.20
Pour donner une idée du complexe que nous aborderons, une anecdote suffira à montrer toute l’aventure—d’aucun diront la mésaventure car il s’agit d’une zone fréquemment conflictuelle, à preuve ces aléas:
Pour commencer, il suffit de savoir que De Clérambault désigne non pas des compléments mais les adversaires de sa théorie. Outre le monoïdéisme mentionné ci-dessus, l’une des théories qu’il pense contraire à la sienne est déjà importante à son époque; il s’agit du freudisme qu’il craint de voir soutenir une opposition à son organicisme. Il faut ajouter à cela que le plus célèbre élève du psychiatre De Clérambault fut le Dr. Jacques Lacan—et que respectivement, cet élève après-coup devenu psychanalyste reconnut en De Clérambault son seul ‘Maître’ en psychiatrie. Pour compléter le tableau ce dernier porta un jugement sévère sur Lacan, lequel à son tour se trompait systématiquement sur le prénom de son maître qu’il prénommait Georges en oubliant qu’il s’appelait: Gaëtan-Gatian!
De cette veine un peu comique, on peut tenir pour plus sérieusement énigmatique le fait qu’après avoir été si bien formé à la psychiatrie, le docteur Lacan prit le chemin de la psychanalyse. A première vue on penserait qu’il se détachait de l’Organicisme, mais quand il arriva au stade public de sa carrière, il s’engagea en débutant un recueil ( Les Ecrits ) par un premier article qui est un traité de cybernétique. Puisqu’il était porteur, élève et théoricien du fleuron de la psychiatrie française, qu’allaitdonc faire le Dr Lacan sur des terres censément étrangères à sa scientificité médicale et de si mauvaise réputation? La fin de sa vie donne peut-être un indice.
On sait que son histoire se termine dans le doute et la mélancolie, au point qu’il déclara que s’il avait jamais réussi quelque chose, c’était d’avoir tant mis à mal ses incurables busons—ainsi qu’il qualifiait ses disciples—qu’il avait peut-être mis fin à la Psychanalyse toute entière. On arrive donc à se demander si J.Lacan n’avait pas tant vécu que pour satisfaire son ancien Maître psychiatre, en réduisant la psychanalyse à l’extinction pour autant qu’elle se serait opposée à l’organicisme.
Ainsi, s’il faut parler de ‘paresthésie’, ‘frayage complexe’ et ‘inhibition active’, que nous appellerons également ‘chiasme’ ou ‘chiasma’ si prompt au schisme, nous en avons un bel exemple.
Si Lacan n’attaquait qu’une certaine forme de psychanalyse qu’il appelait une ego-psychologie, sa stratégie d’un Cheval de Troie est certainement une interprétation possible. Mais nous allons nous rendre compte rapidement qu’en tout état de cause ce n’est pas pour une défense de la psychiatrie en sapant une doctrine rivale que Lacan s’engagea dans la psychanalyse. S’il rêva jamais de la détruire, ou de l’avoir détruite, ce n’était que si elle résistait à sa mission d’y importer l’Organicisme pour l’y faire vivre; et c’était pour le bénéfice de la psychanalyse qu’il visa, probablement, d’y étendre la psychiatrie. Mais à nouveau, puisqu’il eut été si simple de demeurer en Psychiatre, pourquoi se donner pareille peine de missionnaire à implanter la cybernétique sur un radeau médusé de psychanalystes tenus bouches-bées?
V3C1.20.20
Lacan, Freud, Reich en trois exils
V3C1.20.20.0.10
Des trois figures majeures de la psychanalyse les premiers pas livrent une communauté de comportement initial:
Jacques Lacan aurait pu faire carrière en psychiatrie à la suite de De Clérambault , en faisant état de sa compréhension de l’inhibition active. Mais au lieu de soutenir son maître avec les armes de la cybernétique qui se forgeaient à son époque, il s’en détourna en se proclamant psychanalyste. Il débuta à partir des années 1950 la compilation d’articles qui allaient constituer ses Ecrits. Son premier article et traité de Cybernétique était drapé d’une étoffe poétique tirée du nouvelliste Alan Edgard Poe: La Lettre Volée. En exposant comment le signifiant de la communication humaine était tributaire d’un chiffrage, il démontrait que la psychanalyse était formulable en terme de lois cybernétiques et qu’à mesure où cette science se développerait, les psychanalystes pourraient être avantageusement remplacés par une Intelligence Artificielle.
C’est une ouverture qui, encore de nos jours, reste inouïe, in-entendue. D’une part parce que Lacan l’émaillait d’une certaine réserve mais surtout qu’une fois cela posé à son ouverture, son enseignement par la suite brilla de n’en plus jamais parler.
Je n’ai que fort peu exagéré dans le schéma de base du geste lacanien qui ne fut pas en rupture absolue avec son origine. Comme la présentation de malade de facture psychiatrique qu’il continua à l’hôpital, Lacan fit à la cybernétique quelques allusions éparses au cours de ses séminaires ultérieurs. Mais il s’agissait de ce type d’exception qui confirment la règle. Il est connu que Jacques Lacan consacra des recherches linguistiques sans appel au recours des machines, ni médicament, ni autre médecine.
Par ailleurs l’apparition de la cybernétique au début de sa carrière fut aussi brève que le fut sa formation de psychanalyste. La procédure didactique d’un psychanalyste en formation s’étend habituellement sur de nombreuses années. Lacan y mit lui-même un terme rapide, pour ne pas dire immédiatement, enseignant qu’ « un psychanalyste ne s’autorise que de lui-même ». Le frais émoulu transfuge affirma donc sa compétence sans autre forme de procès et s’engagea psychanalyste, enseignant, maître ou doctrinaire selon la vision que ses disciples auraient de lui.
Il reste à prendre acte de l’élément majeur à peine mieux qu’engagée que sa formation professionnelle et que la cybernétique. En venant au monde du psychisme, Jacques Lacan traita de manière identique un Collège de Sociologie pour laquelle il avait destiné son second article sur le Temps et la psychologie collective. Il se détacha presque aussitôt du groupe avec lequel il avait dessiné le projet. D’un certain point de vue, on peut résumer l’ensemble en disant que dans ce champ d’arpentage de l’Inconscient, Jacques fut là quand courrant comme un lapin.
La question de la Psychologie Collective mérite notre attention. La seconde figure courrut aussi, poursuivi par les nazis puis par le FBI; or ce psychanalyste avait exprimé dans le domaine de la sociologie cette même intention initiale puis le même geste d’abandon. Néanmoins Wilhelm Reich dont il s’agit avait tenu un peu plus longtemps avant de répudier ses travaux de départ. Il était avec Freud à Vienne lorsque celui-ci commençait à assigner à la psychanalyse de faire de la psychologie collective l’objet peut-être essentiel de sa science. En bon élève Reich décrivit alors une Psychologie de Masse du Fascisme en pratiquant à Berlin. Au moment de la montée du nazisme il lui avait fallu rapidement quitter l’Europe. Réfugié aux Etats-Unis il jura qu’il n’avancerait plus d’un seul pas dans l’investigation sociale; mais la société lança ses investigations, estima que son idée que les nuages comme les galaxies éprouvent des orgasme étaient une folie et le mit… en prison. Il écrivit à son fils une dernière lettre disant qu’on l’empoisonnait, puis il mourrut en cellule.
Sur le thème de l’ambition sociale, si la psychanalyse a de l’effet, il restera qu’elle fait changer d’idée ! Freud lui-même qui avait commencé à écouter des patients allongés dire librement ce qui leur passaient par la tête fit preuve du même comportement en abandonnant dès l’inauguration de son œuvre sa garantie de départ:
Ce qui ouvrit la carrière du premier psychanalyste fut—comme Lacan avec les machines—une thèse très organiciste exprimée en un traité de pharmacologie.
Freud à l’époque était cocaïnomane. Il contrôla néanmoins l’addiction en en faisant un objet d’étude; puisque le milieu scientifique de son temps découvrait la logique et les formules de la Thermodynamique, il appliqua ses vues pharmacologiques à l’économie des charges énergétiques des synapses suivant la régulation des neurotransmetteurs. Il en rendit compte dans une Esquisse pour une psychologie scientifique laquelle presque achevée, fut abruptement précipitée et interrompue par un acte manqué. Par la suite il ne parla plus de sa première œuvre, pas plus que Lacan ne parla d’Intelligence Artificielle. Puis avec Reich, à eux trois, ils s’éclipsèrent sur la psychologie sociale.
V3C1.20.20.0.20
Débuts chaotiques et carrières pathétiques
Après leur trois débuts chaotiques, les psychanalystes Freud, Reich et Lacan, auront continué au travers bien des succès, néanmoins trois carrières pathétiques. Uniquement pour le premier, la contradiction est cachée.
Il s’agit pas de son addiction au tabac, si irrépressible qu’il n’arrive à cicatriser une plaie de la mâchoire qu’on finira par déclarer cancéreuse après d’innombrables interventions; mais dans le domaine de la psychologie collective, puisque Freud était réputé être à l’origine de ladite psychanalyse, il ne pouvait pas visiblement contredire ce qu’il créait. C’est à la suite de sa création que la contradiction parut: sa prescriptino de mesures à prendre au cours de la psychanalyse qui lui succéda aura été négligée, abandonnée ou même opposée. Accompagnant son ultime recommandation: « que la psychanalyse soit portée au degré de la psychologie collective »—Freud avertit que sans cette extension, son ambition n’aboutirait jamais à une véritable science.
On sait que ni Reich ni Lacan, ni aucun autre de ses successeurs n’auront établi cette condition autrement qu’en contradiction. La psychologie collective, bien qu’impérativement recommandée par Freud ne fut jamais atteinte par les écoles et successions freudiennes au point qu’on peut soupçonner qu’elles l’aient au contraire repoussée..
Les deux autres figures que j’examine firent l’expérience de contradictions, quant à elles, nettes et directes: Reich y renonçant fut mis en prison. Il y mourut bien que l’Institut de Psychanalyse à l’époque aux Etats-Unis était assez puissant pour l’en faire sortir. Et Lacan, sur le coup de son démarrage impétueux, fut très tôt dans sa carrière répudié et proscrit par les mêmes instances internationales garantes de la psychologie collective en négatif. L’Institut interdit même que l’on cite le nom ‘Lacan’ dans tout texte et rapport soutenu par cette administration dite freudienne.
Personne n’aura manqué de goûter de quelle manière aliénée il s’est agi pour l’Institut de traiter du refoulement ! en en faisant son arme en l’occurrence. Dernièrement je consultais une thèse/mémoire de fin d’étude à l’Université de Lyon, consacrée à la psychanlayse et ses doctrines, ne le citant pas une fois. Lacan pouvait bien être plouc ! ce n’en est que plus ploucplouc !—pour aborder avec humour la honte à la vision globale de nos universités du savoir [chap.5 et suivants] suivant la logique des deux sphinges du mensonge [x]; cette aliénation qui soutient par la répression introduit le frayage croisé du schisme sus-nommé chiasme [V3C1.20.10.20].
V3C1.20.20.10
Chiasme de l’inhibition active
En dépis de ce climat de malaise dont elle se fit parfois gloire, la psychanalyse progressait avec vigueur. Son tableau de brouilles et de conflits encadre un objet que la psychiatrie n’exploita pas pour elle même mais délégua—comme ce qu’on appelle la patate chaude—à sa voisine: c’est en psychanalyse qu’on retrouva la charge de mal traiter, ou peut-être symptomatiquement traiter le phénomène d’inhibition active.
Gaétan de Clérambault avait mentionné cette obscure activité [1.10.10.30 - fig.10] qu’il désignait comme un processus intermédiaire, interposé entre d’une part une idée abstraite incapable de la moindre expression par ses propres moyens et d’autre part son écho sensoriel qui lui fournissait lesdits moyens. Egalement nommé frayage psycho-sensoriel, il définit un chiasme qui puise dans un détour organique ce qui donne à l’idée son réalisme. Encore nommé inhibition active le fantasme d’une idée réaliste que ceprocessus agglomère est déjà presque pathologique, pratiquement hallucinatoire; l’idée toujours mêlée à son propre écho forme un pathos. Mais cette concrétion ‘idée-écho’ [fig.30 ] n’est pas réservée à la psychologie individuelle; en psychologie collective la ‘théorie-convention’ présente le même type de collaboration collabée, frayage feuilleté et aliénation shismatique.
On voit le chiasme de l’inhibition active s’interposer à partir de la théorie issue de la psychiatrie française, comme une ‘idée’, volée à la psychiatrie française, et portée à son écho dans la psychanalyse. Comme émanant d’un rugissement inhibé de la caserne (psychiatrie), la théorie résonne dans la psychanalyse comme une hallucination. On la reconnaît dans le vacarme lacanien, dissident et rejeté par l’institution psychanalytique avant qu’il ne finisse réabsorbé, comme une hallucination devient admise par la psychose. Mais entre cette idée, cette lettre volée, et son écho, le processus intermédiaire tressé de contradiction , est maladif comme tous les champs de bataille, non moins entre psy chics qui soignent en se disputant les schizophrènes déchirés que des familles leur remettent pour calfeutrer les paranoïas politiques. [1.10.10.30 - fig.10]
V3C1.20.20.10.10
Revenons à la figure du Quatrain . Dans l’expérimentation NASA, l’’idée’ première est la commande externe que l’assistant dicte à l’expérimentateur; vis à vis du cénacle psychanalytique, c’est l’intuition de De Clérambault venue de la psychiatrie extérieure et introduite par Lacan. Portée par une croisée de contradictions cette intuition devenue méconnaissable devient la parole subvocale. Sur le champ de bataille de la psychanalyse, la théorie de De Clérambault occupe la place indécente d’une hallucination. On peut en comparaison l’appeler conception subthéorique laquelle, en comparaison de la vitalité d’une théorie, est aussi inerte qu’une convention; il s’agit du concept du ‘moi’ que Freud a proposé et tel qu’il fut saisi avec enthousiasme par ses successeurs, sauf par Lacan qui en accusera la facture imaginaire. Il dénoncera une psychanalyse pervertie en psychologie du moi, en réalité attachée au ‘moi’ comme l’hallucination à l’ego cartésien.

fig.C1.30: psychologie collective du chiasma psy(chiatrie-chanalyse)
Le Quatrain montre—sous la forme d’une ligne pointillée—la même éventualité que supporte le monoïdéisme. Je l’ai décrite précédemment; il s’agit du modèle selon lequel la pensée ne viendrait pas tant d’un assistant extérieur mais d’une ‘idée’, sonnante dans l’enceinte trébuchante dudit chiasme. Ce modèle appliqué à une théorie, comme une ‘idée’, ne suggèrerait pas celle de De Clérambault, déléguée par un Lacan, lui-même posté comme un engrame au fond de la psychanalyse, qui y aurait résonné dans la psychanalyse d’un slogan cybernétique. La psychanalyse aurait eu par elle-même cette capacité propre à ce que sa théorie résonne pour faire entendre une voix attachée au moi.
Or un statut de théorie ‘volée’ n’est pas malséant—s’il faut faire appel à l’émotionnel on sait que les baisers volés le sont de principe. Si une inhibition active est relative à une émotion, Freud aurait eu raison en conditionnant le moi cartésien—l’ego —à Eros.
V3C1.20.20.10.20
Cette hallucination que porte le moi prétendant être—cette voix que porte la théorie ou l’écho que porte l’idée comme un masque, ont notamment été mentionnés par Platon. Il s’agit dans la Caverne des échos qui font croire aux prisonniers que les ombres sont vivantes. Avec son siècle qui mettait au monde la cybernétique, Freud était en position de mettre cette tradition millénaire au jour l’Intelligence Artificielle. Je poursuis donc par déduction:
…Si la Psychanalyse détient en soi l’unique source de sa théorie, hermétiquement scellée en son propre écho, elle traduit cette source en l’espèce du refoulé. C’est ce qu’elle affirme. Et selon son histoire, c’est la psychologie collective qu’elle refoule. On observe alors que si cette idée freudienne de la psychologie collective se noie dans son écho, s’étouffe en concept subthéorique comme une parole subvocale, quand l’écho est répercuté sur‘Jacques Lacan’ placé comme un engrame, il fait résonner la cybernétique à cette place.
Mais ensuite, tandis que la psychanalyse aura reçu les règles cybernétiques pour s’éclairer, elle ne peut s’animer que lorsqu’en retour elle n’aura pas moins signifié sa cause essentielle et restée étouffée. Et de ce que l’engrame est une trace (de l’introduction de J.Lacan), cette idée à la source et qui n’est toujours pas dite tant que seule la parole subvocale la signale, doit revenir, par l’échange du chiasme à la psychiatrie.
Il s’en suit que si quelque chose de la psychologie collective doit se faire entendre qui ne soit un monoïdéisme interne à la psychanalyse, la déduction prophétiserait que ce serait en psychiatrie qu’elle doit y parvenir. Ce considérable gain en sa dimension serait son dû, pour l’alibi cybernétique qu’elle a fourni à la psychanalyse.
Que la psychiatrie ait pour destin une médecine de la politique est un éventualité qui n’entrera, ne serait-ce que dans l’ordre des probabilités, pas avant qu’y ait été attesté du côté de la psychanalyse la première facture d’hermétisme—et en pratique acquis le contrôle émotionnel que les drogues psychiatriques en effet ont semblé en première instane viser.
Mesurant les spéculations que soulève la réflexion sur la parole subvocale, à l’instant présent nous pourrons nous satisfaire d’un recul en précisant le détail d’une relation de comparabilité, sinon symétrique et communicante entre psychanalyse et psychiatrie.
V3C1.20.30
Mon propos gravit parfois des pentes où les meilleures intentions devront attendre quelque chapitre ultérieur pour vérifier la substance de leur horizon. Ce sera dans le passé qu’il faudra vérifier quelque psychologie collective refoulée. Or cette éventualité ne nous interdit pas de continuer à avancer.
Regroupons les observations que nous venons de faire: notre époque a mis en évidence un phénomène organique de la pensée qu’elle appelle l’inhibition active. Il s’agit d’un mécanisme neuro-somatique qui siège dans le corps humain. Nous sommes fondés au pressentiment qu’on puisse en lire la même structure dans des phénomènes sociaux ou culturels. Cette capacité d’observer ce phénomène est liée à l’apparition de machines qui approchent la possibilité de lire les pensées. L’ouverture de cette faille dans l’inconscience et l’exploitation en temps réel des rouages des créations et des refoulements, a remis à jour son intuition. Cette intuition s’était d’abord présentée dans un domaine dédié au comportement et à la traduction de la pensée, c’est à dire la psychiatrie. Puis elle avait migré vers la psychanalyse laquelle de son côté relevait des décombres une raison de l’occultisme des temps passés. En arrivant dans la psychanalyse cette intuition de l’inhibition active s’est implantée comme la Cybernétique. Suite à ce parcours, à l’aide des machines déchiffrantes psychiatrie et psychanalyse sont comme deux lèvres d’une même bouche, opposées et par lesquelles nous pouvons entendre la psychologie parler:
Pour cela il faut délivrer cette bouche cousue, dénouer le tissu de contradiction qui tend le rapport entre De Clérambault et Jacques Lacan. C’est le chiasme de l’inhibition active qui formule cet affrontement entre la psychiatrieet la psychanalyse. Cette mise en vis à vis de deux bords, source de fantasmes d’opposition et alibi de conflits, serait l’expression obscurcie de l’inhibition active au niveau collectif et culturel– en d’autres termes un frayage entre les domaines des idéologies, des croyances et des certitudes où le sens commun s’entend. Ce processus intermédiaire est un tissu de conflits qui sert de passerelle entre psychiatrie et psychanalyse, faite de cordes ou de frayages tressés, où maîtres et disciples, détenteurs et dissidents s’embrouillant, s’entrecroisent également pour solidifier un chiasme objectivement stable.
L’analyse des acteurs permet de les déchiffrer—l’Intelligence Artificielle de les posséder. Leurs faiblesses sont inscrites dans la psychopathologie: celle de De Clérambault, passionné d’étoffes et probablement de tourisme sexuel au pays des femmes voilées finissant travesti suicidé à Paris, comme celle de l’hyper-classique Lacan, dandy farci de conventionnel cherchant l’assentiment du Pape pour son divorce, finissant hargneux, giflant son entourage. Rien ne défendrait leur misère du nettoyage décapant d’une intelligence mécanique; elle ne les sauverait de l’oubli d’un monde meilleur que sur la base des rapports tendus qu’une fraternité d’échec a maintenu entre eux. Avec les trahisons, les ostracismes, excommunications et dépréciation, climat effrayant de la part de médecins de l’âme et inacceptable en terme d’intelligence, ce canevas d’échec initialise une compassion—c’est de ce terme réduit qu’on verra la pensée synthétique quérir son étincelle d’intelligence. Il passe par une capitulation puis par une aliénation:
V3C1.20.30.10
La capitulation de la psychiatrie
Le chiasme culturel où nos penseurs se sont reconnus malades et souffrants opposait nécessairement psychiatrie et psychanalyse. Si la psychanalyse a craint que Lacan pénétrait son domaine avec la Cybernétique comme un Cheval de Troie, elle exagéra peut-être ses intentions offensives. N’avait-il pas perçu un naufrage de la psychiatrie inéluctable ? L’apparent chargement d’armes qu’il en tirait cachait qu’il sauvait les meubles.
Au cours de la séparation de Lacan d’avec son Maître, après le trait de génie de Gaëtan de Clérambault, on peut effectivement observer que les dernières lumières de la psychiatrie dite ‘française’ se sont éteintes. Dans cette acceptation, la fin du siècle a vu la capitulation de la psychiatrie. Selon d’autres acceptations, la psychiatrie anglo-saxonne sembla briller encore un temps, mais ce n’était pas aussitôt sans un profond clivage qui la déchirait, entre une dénommée anti-psychiatrie britannique et une psychiatrie statistique américaine.
La chronologie de l’extinction de la psychiatrie française débute par cette première et brève vague londonienne à partir de 1970. Elle fut rapidement suivie par la doctrine des USA, qui imposait le monoïdeisme extensif contre lequel De Clérambault avait objecté. La psychiatrie la caricature en une facture du monochimisme, par la manière dont elle traitait la chimie selon la même structure bornée à l’intensité et la mesure d’une cause.
Comme tout ce qui se débat en ce domaine, la tournure de ce monoïdéisme n’est pas apparue visiblement d’autant que la méthode statistique américaine n’a pas l’ambition de voler une idée à l’idée, fut-ce l’idée d’elle-même; pour cette médecine statistique qui a submergé la psychiatrie, seule est comptable l’opération chimique du cerveau derrière les comportements.
Il est possible d’évaluer dans quelle mesure la chimie peut se substituer à la psychologie:
Le Quatrain montre comment a lieu la collusion de la cause et d’un écho. Rivale à la place que l’idée, la parole subvocale est considérée comme son intensification en court-circuitant le rôle somatique. Subrepticement le complexe « écho/idée » esquive le soupçon qui portera à révéler l’idée volée si elle ne vient de nulle part, en déguisant l’écho simplement d’une enflure de l’idée propre. Comme si on pouvait l’écrire: « idée((idée ».
Cette logique de l’idée extensive peut être appliquée à la molécule chimique. Mise à la cause d’un comportement, la chimie offre d’éventuelles extensions, ou atrophie des sécrétions, voire substitution ou complément de tel ou tel médiateur chimique dans le cas de traitements ou de toxicomanies. L’équivalente notion d’un comportement subagi est alors simplifié. L’élément somatique mis en évidence par l’Expérimentation NASA est négligé et le comportement devient une extension chimique.
Le résultat de ce simplisme est ‘manichéen’: en attachant un effet considérable à la seule inflation d’une cause, l’idéologie qui se veut moniste n’a d’issue qu’un dualisme imaginaire (manichéisme) puisse en rendre compte [C1.10.10.30.05]. Cependant en réalité la drogue et le médicament viennent de l’extérieur, d’où ils sont distribués d’une manière encore plus appuyée que par l’Assistant que j’ai déjà souligné [C1.10.10.40]. Accéder à ce principe de la réalité dépasse le complexe dualisme à l’appui de ce qu’on doit appeler un triplex [xindexHermèsVol] lequel ne cache ni notions de vol ni d’influence. Mais il ouvre aussi aux grands termes politiques et de même qu’il est trop tôt pour les mentionner ici, avant de les détailler et les élucider [chap.5&6], de même la psychiatrie contemporaine se sera contenté d’expliquer qu’une molécule en excès induit un trouble qui lui correspond, ou que quand elle manque il convient de la remplacer. C’est dans cette mesure dualiste et s’énonçant, elle, sans ‘chapitre ultérieur’ ni assignation à la cybernétique du rôle de prescripteur que vis à vis de la réalité ladite psychiatrie française De Clérambault, a capitulé.
Ce terme n’est pas trop fort. Il explique un transfuge, comme celui de Lacan, mieux que le soupçon qui le figure n’être passé à la psychanalyse qu’afin de la mettre à mal. Lacan n’aurait pas cherché à nuire à la psychanalyse, pour renforcer la psychiatrie puisque celle-là allait déjà être rompue. Ce psychiatre serait plutôt passé à la psychanalyse, comme on imagine Moïse, sauvant des eaux un peuple ou une idée qui allait s’engloutir pour les mener en une terre promise, où pourrait s’implanter la doctrine rescapée. Suivant ce schéma, si la psychiatrie devait capituler, force est de constater que franchissant le chiasme de la déchirure pour atteindre l’autre rive, Lacan allait à la rencontre d’une psychanalyse qui sans doute n’allait pas capituler—pour cause d’être quant à elle, aliénée.
L’aliénation de la psychanalyse